Quand un globe-trotter rencontre un tourdumondiste …

Quand un globe-trotter rencontre un tourdumondiste …Les tours de monde des autres, pour qui s’apprête à faire le sien rien qu’à soi, c’est comme les antédiluviennes soirées diapos de vacances où, enfermé dans un noir ronronnant, il fallait s’extasier devant des clichés de souvenirs domestiques qui n’avaient d’intérêt que pour leurs auteurs (majoritairement mauvais photographes).

Toute anecdote tombe à plat vu qu’on y était pas, et, puisqu’on y est pas (encore) allé, l’essentiel (censé être vu avec le cœur) -?- se dissimule sous de surabondantes immortalisations allégoriques. Toutes les merveilles vibrantes, contées pourtant par chaque pionnier avec un lyrisme habité, ressemblent à des poncifs éculés qui donnent juste envie que le protagoniste reparte sur le champs pérorer ses fables à d’autres Zoreilles plutôt que de déflorer la rose des vents.

Les ceux qui ont déjà fait des voyages au long cours c’est quand même les seuls avec qui parler du sien à venir; ils ne se récrient pas d’un effarouché « mais t’as pas peur!? », ils augurent, même s’ils s’abstiennent consciencieusement d’en mentionner les prosaïsmes, du comment ça va être, à tous les sens des termes, curieux et terrible à la fois.


When a world traveler meets a globetrotter …

The around the world of the others, for whom gets ready to make his own for nothing than to him, it is like old-fashioned holidays slideshows evenings where, locked into a purring black, it had to go into raptures in front of domestic clichés memories which had interest only for their authors (mainly bad photographers).

Any story have no relief for who were not there, and, since we are not (yet) gone, anything essential (supposed to be clearly seen only with the heart)-? – hides itself under overabundant allegorical immortalisations. All the vibrant wonders, even narrated by each pioneer with an inhabited lyricism, look like hackneyed commonplaces which just give envy the protagonist leaves over right away to spout off his gossips in others ears rather than spoil the lands.

Those who have already made the world tour are whoever the only ones with whom to speak about its to come; they do not cry out with a coy « but are you not afraid!? », they portend, even if they refrain conscientiously from mentioning the mundanenesses, how that will going to be, in all the meaning of the terms, curious and terrible at the same time.