penduleA en croire les absolutistes, en plus de n’être surtout pas organisé, le voyage moderne devrait être une espèce de gymkhana dans un monde à la M.C. Escher; la panacée semble être le hors sentier battus qui conduit tout droit au site immanquable qui vaut le détour. Dans cette dynamique le voyageur serait un maquisard agoraphobe qui, via des méandres dignes d’une anamorphose, et de préférence à des heures indues, se doit, sous peine d’on ne sait quoi, de ne surtout pas rater l’amer le plus remarquable.

Ne pas avoir vu les pyramides lors d’un tour en Egypte relèverait donc de l’hérésie, mais y être allé en autocar climatisé est presque pire encore. Il y aurait apparemment presque du panache, avec force détails, à avoir fait l’ascension, de nuit, à la lampe torche, dans un froid glacial, des 750 marches du repentir du mont Sinaï avec la seule promesse de se prélasser contemplativement aux rayons du lever de soleil une fois arrivé en haut, pour finalement faire demi-tour face à l’attroupement compact de ses congénères serrés au sommet avec pourtant le même désir de profiter de l’aurore en solitaire… ou à s’être fait déposer en hélicoptère sur le mont Sainte Catherine en face.

Le « vrai » du voyage n’est pas une science exacte, l’originalité de l’aventure n’est pas une formule excentrique, et l’avoyagenture n’est qu’un joli néologisme dédié aux compagnons de fortune qui sillonnent comme ils veulent toutes les voies du monde à la découverte de leurs propres étonnements.


The adventrip

To believe the absolutists, in addition to being not particularly organized, the modern travel should be a sort of gymkhana in an M.C. Escher‘s world; the panacea seems to be the off the beaten path that leads straight to the inevitable site which worth the trip. In this dynamic the traveler would be an agoraphobic guerilla who, via meanders deserving of an anamorphosis, and preferably at odd hours, must, under penalty of who knows what, must not miss the most remarkable bitter.

Not to have seen pyramids during a tour in Egypt would thus covered by heresy, but have been there in an air-conditioned coach is almost worse. There would be almost of the panache, in great detail, to have climbed at night, with a torch, in the freezing cold, the 750 steps of repentance from Mount Sinai with the sole promise to bask contemplatively in the rays of sunrise once at the top, and to finaly make about-turn in front of the compact assemblage of fellow congeners gathered in the summit with the same solitary intention … or to have been dropped by helicopter to Mount St. Catherine which is just in front.

The « truth » of the journey is not an exact science, the originality of the adventure is not an eccentric formula, and the adventrip is only an attractive neologism dedicated to companions of fortune who travel as they wish on all the ways of the world in the discovery of their own surprises.